une brève histoire de MaRDyCk
Par MaRDyCk, dimanche 5 septembre 2004 à 19:40 :: Clapo :: #147 :: rss
la gènèse
C'est vers 1989 que le jeune Fat Dave associe sa pauvre voix aux talents guitaristiques de Seb pour créer le groupe The UnderGround, qui composa quelques chansons et reprit quelques titres pop, voire même un peu de Floyd ou de Tri Yann. Grand tube de cet épisode: "Sub Song", du refrain duquel le groupe tire son nom (cette chanson est autobiographique, nous vous en conterons un jour l'histoire). En 1992, Fat Dave quitte le groupe (ou le groupe se sépare de Seb) pour des divergences musicales (l'un des deux devenait trop 'pop'), il débauche un de ses compaings: Xave, qui vient de se mettre à la guitare. Celui-ci se transforme en Syl Voice, raccourcit 'Fat Dave' en 'Fat' & accepte de mettre en musique quelques textes inédits de celui-là. Ces chansons (d'un niveau plus que bas, avouons-le) ne sortiront pas mais la collaboration entre les deux compaings sera concrétisée l'été de cette même année lors d'épiques vacances à La Rosière. S'adjoignant alors le concours de Mîp!, actuellement connu comme Chpol (et plus si connu que ça d'ailleurs, enfin, j'me comprends) comme voix supplémentaire, le groupe prend alors le nom de Tri-Potes, et crée son immortel chef-d'oeuvre: Moulin. Les compositions sont rares (mais bêtes), les reprises encore plus (tant il est vrai que la guitare, c'est pas encore ça).

Tri-Potes: Mîp! et Fat à la Rosière
Premier coup du sort pour le groupe: Mîp! part alors en exil pour Paris. C'est donc un groupe diminué et portant le nouveau nom de Fin de Soirée (clin d'oeil à leur insuccès notoire) qui écrit alors un concept-album (déjà!) sur "De Vierpot", estaminet de Flandres. Le grand titre de cette période, et de cet album, est l'immortel Dolores, qui reste toujours un succès.
Fort d'ailleurs de ce succès, le groupe voit les groupies s'amonceler. Devant l'insistance de certaines d'entre elles, elles participent alors de plus en plus à la vie à la formation: c'est le début de la géométrie variable. C'est d'abord Do qui rejoint le groupe en tant que choriste, puis très vite vient le tour de Val, au chant et à la guitare. Si ces deux-là semblent devoir rester durablement, ça n'est pas le cas d'autres qui vont et viennent en fonction des passages. Cet état de fait et le relatif succès décident alors d'un nouveau changement de nom: Fat lui-même n'étant pas toujours là et une part importante du répertoire étant écrite par Syl Voice, le groupe devient alors Voice and Co, il est temps pour un nouveau chapitre...
Voice & Co.
1993. Le groupe s'appelle maintenant Voice and Co, la formation de base, c'est: Fat (maintenant renommé Fatoun) au chant (avec de nets progrès en puissance, si ce n'est encore en qualité), Val au chant (surtout les reprises de Brassens) et à la guitare, Do aux choeurs, Syl aux choeurs aussi et à divers instruments dont surtout la guitare. C'est une période de création intense: un tiers environ de toutes les chansons qu'ai écrit le groupe, de 1989 à aujourd'hui, l'a été sur une période de quatre mois, de mars à juin de cette année là. Parmi ces chansons on trouve de plus certains des plus grands tubes, citons surtout Jesus Blues, et le toujours réclamé Cajun lapin, cajun poule.
Pendant ce temps passent d'autres membres, certains ne participant parfois qu'un seul soir à l'aventure, en tant que choriste le plus souvent (mais pas toujours, par exemple Martin G qui nous enchanta à plus d'une reprise de ses percussions tablesques), d'autres étant là un peu plus souvent, c'est le cas notamment de Manu à la guitare, Fab aux choeurs et Mano aux crécelles (et les crécelles, c'est pas top)...

Voice & Co au Vierpot en Flandres :
Manu, Fatoun et Syl, avec Jean & Jean
Le groupe poursuit alors son petit bonhomme de chemin, ainsi que ses tournées de Soubès à Boescheppe en passant par Sainte Cécile Plage. C'est une époque de mûrissement (qui a dit "de pourrissement"?); après deux ans passés à jouer un peu partout, mais surtout en Flandres, passés également à écrire et composer, le groupe est prêt, en mai 1995, à entamer son oeuvre majeure: La Palissade (the wall en bois), une adaptation en français du The Wall de Pink Floyd. À ce jour, le travail n'est toujours pas terminé (quoique presque, il ne reste qu' une chanson). On trouve également dans cet album conceptuel grandiloquent des chansons qui sont encore dans les mémoires: Une autre planche dans la palissade, avatar 2 qui a tout déclenché, mais aussi Mozart est là et surtout Mon fut en skaï.
Pourtant, alors que son oeuvre culmine, Voice & Co vit ses derniers jours: les membres épisodiques se font de plus en plus rares, seuls restent les quatre membres principaux: Fatoun et Do, qui ont quitté les Flandres pour le Boulonnais, rendant ma foi l'organisation des concerts et répétitions plus ardue, Val, qui a presque arrêté la guitare, et Syl. C'est cette nouvelle donne, ainsi que la lecture d'un recueil de légendes flamandes qui décide ce dernier à renommer une fois de plus le groupe: ce nouveau chapitre s'appellera MaRDyCk.
MaRDyCk
Janvier 1996, le nouveau nom du groupe, issu d'une légende flamande, ancre celui-ci dans un nouveau répertoire qui s'est imposé au fil des années: la musique traditionnelle. C'est en effet sur les traces de Tri Yann & Malicorne que le groupe s'est engagé petit-à-petit. Il reste bien sûr assez d'inspiration pour les éternelles chansons stupides (c'est à cette époque que fut notamment écrite Le Troufion).

MaRDyCk 1996: Do, Val, Syl & Toune
Pourtant, ce changement de nom qui devait être un nouveau départ marque en réalité la fin d'une époque: Après des années de tergiversations, Do finit par quitter définitivement le groupe, laissant Fatoun, maintenant appelé Le Toune, exsangue (Ha oui, on vous a pas dit: ils formaient l'un des couples du groupe depuis sept ans). Un mois plus tard, voulant prouver qu'elle aussi était capable de le faire, c'est au tour de Val de quitter le groupe, laissant Syl exsangue (Ah oui, on vous a pas dit: Ils formaient l'autre couple du groupe depuis plus de trois ans).
En mai 1996, MaRDyCk ne compte donc plus que deux membres. Toune & Syl, les deux rescapés tombent alors sous le coup d'une dépression sévère, ils décident de faire une parenthèse en forme de cure de vacances en Bretagne.
MaRDyCk: l'édition spéciale
Juillet 1996: Toune & Syl, tels des Kérouac en vacances modernes, prennent la direction de la Bretagne au grand désespoir de leurs familles:
- Vous allez où ?
- En Bretagne...
- Oui, mais où exactement ?
- En Bretagne...
- Et vous partez quand ?
- Le plus tôt possible.
- Et vous revenez quand ?
- ???
Les deux compères prennent alors la route, n'emportant avec eux que voix et guitare. Ils retrouvent sur place certains anciens membres épisodiques qui se joignent à eux: Manu aux trémolos, guitare et dulcimer, et Mano aux crécelles (et les crécelles, c'est pas top)...
Mais ce qui rendra vraiment spéciale cette édition de MaRDyCk, c'est la rencontre de la très charmante Anneg (prononcez "Anna") : Chanteuse de Festou-Noz, la demoiselle possède une voix peu commune, ainsi qu'un solide répertoire. Il est encore difficile aujourd'hui de dire si elle a fait partie du groupe ou si le groupe s'est transformé en accompagnateurs d'Icelle.

Anneg
Un des grandes dates de l'histoire de Mardyck lui est d'ailleurs due: Un concert de six heures sans interruption payé en espèces sonnantes et trébuchantes (bon d'accord, plutôt jaunes et à bulles, mais des quantités assez faramineuses) par un mécène manchot (si!). La réitération de la performance (quoique moins longue et moins arrosée) le lendemain soir laissa le groupe offrir quelques jours plus tard, lors de sa participation au festival de Saint Chartier, de magnifiques concerts de Barytons et crécelles, étant donné qu'ils n'avaient plus du tout d'aigus (anecdote: en plein milieu d'une version du Prince d'Orange deux octaves plus bas qu'à l'accoutumée, Syl perdit soudainement aussi tous ses graves et resta 24h complètement aphone).
Mardyck repartit ensuite sillonner les routes de Bretagne dans un périple sans but précis (mis-à-part celui de démontrer la supériorité flamande en ce qui concerne les questions alcoolisées) qui les fera passer par Brest, Morlaix (où ils se seraient bien tapé une choucroute), Pont-Aven, Brocéliande, Nantes, Douarnenez (qui est fermé), Quimper, Carnac ou Rennes (voire même Merdrignac, Corps-Nuds ou Bréal-sous-MontFort-sur-Meuh, mais ça doit moins vous parler...)

Toune sur la route
Mais tout n'était pas rose! Si Toune et Syl n'avaient cure de leur propre désespoir, celui-ci était pourtant très lourd à porter pour leurs camarades et les gens qu'ils rencontraient. Petit-à-petit, leurs relations sociales fléchirent, pour presque disparaître. Un problème plus grave encore se posait à eux: En vivant ainsi au jour le jour sans aucun point d'attache, et donc sans savoir quand viendrait la prochaine douche, les deux compères ne purent bientôt plus se sentir. De plus, Toune allait sous peu être appelé à servir son pays. Il était temps pour eux de mettre fin à cette parenthèse et d'affronter l'avenir.
MaRDyCk II
Septembre 1996, Toune s'est coupé soixante centimètres de cheveux pour s'engager dans la marine, c'est-à-dire à Brest. Pendant ce temps en Flandre, le groupe est bien diminué: si vous avez suivi, ils sont au nombre de un, ce qui ma foi n'est pas énorme. Pourtant la créativité, mise en sommeil par les pertes tragiques des derniers mois est de retour, et Toune, lorsqu'il passe au pays, a la joie de découvrir de nouveaux titres, comme les mômes à mobylette, sur une idée qui date de la Rosière (cinq ans pour écrire une chanson, record à battre!). D'autres inspirations se font jour également: la fontaine et le reel des congères sont très trad par exemple.

MaRDyCk à deux: MaRDyCk II
Une autre nouvelle inspiration se manifestera avec l'écriture d'une trilogie qui correspond à l'humeur de Toune et Syl à l'époque, trilogie constituée de Tout va mââl (blues en lâs), Tout va de mââl en pis (chanson pop), et Faut bien mourir. Lors de répétitions de cette trilogie resurgiront d'ailleurs de vieux fantômes, mais laissons parler Syl:
Je suis arrivé ce matin-là au studio et il y avait ce grand gars là, il ne parlait pas, il était tout pop, tout bizarre, je ne me suis pas inquiété, ça arrivait souvent que des gens que je ne connais pas soient présents dans le studio. Mais à un moment un de nos roadies est entré et s'est précipité vers l'inconnu en s'écriant
Hé, c'est Seb, comment es-tu devenu comme ça mon vieux ?et il a répondu:J'ai un très grand frigo et chaque jour je mange des côtes de porc....... Nan, c'est pas ça du tout en fait, je suis en train de confondre avec Syd Barrett, on a juste vu Seb mais il était devenu beaucoup trop pop, t'vois? Il était plus dans l'trip!
(Rappelons que Syl fut à l'époque enlevé par des martiens et ne dut d'avoir la vie sauve qu'à une collision de la soucoupe avec un astéroïde, ce qui explique peut-être en partie ses propos confus...)

la soucoupe après la collision
Pendant ce temp, Toune et Syl sont en quête de nouveaux membres pour le groupe, de préférence mignonnes d'ailleurs. Toune en profite pour se plonger dans d'autres cultures musicales, celles du Maghreb et de la Jamaïque en particulier, lors que Syl retourne aux seventeen, oops, pardon: seventies! ("j'ai rien fait m'ssieur l'juge, et puis en plus je savais même pas, moi, qu'elle était mineure!" déclare-t'il alors à la presse). Au premier semestre 97, deux nouveaux membres ont intégré le groupe: Albresà, une nouvelle génération au sein du groupe, qui vint augmenter celui-ci d'une guitare, et Safia, la plus jolie membre qu'ai jamais compté la formation, on se sait pas bien quel était son rôle, mais le groupe manquait cruellement de Sud et de soleil depuis le départ de Val et elle a remédié à ce problème (n'empêche qu'elle nous piquait nos briquets).
Bientôt, Toune, libéré de ses obligations militaires, revient en Flandres, puis part finalement à Calais, ayant pris goût à la pollution à Brest. Safia ayant quitté le groupe, il se jette dans une vie dissolue que la morale réprouve et couche avec de nouvelles groupies après chaque concert, ce qui inspire à Syl l'immortel Gé!Gé! (plus jamais!). Puis bientôt, une révolution au sein du groupe: Toune se met à la guitare! Si! Le groupe compte alors trois guitaristes, ce qui n'était pas arrivé depuis 1993, quelle chance pour MaRDyCk, quelle puissance en perspective pour leurs concerts!! Malheureusement, Toune est débutant et Albresà a des problèmes de rythme, Syl continue donc à assumer seul les parties instrumentales. À l'époque, le succès revient petit-à-petit, rappelons le fabuleux concert de Lesquin où un public au départ résolument hostile fut conquis par la connerie du groupe.

Toune mène une vie dissolue
Fin 97, Toune découvre le charme des femmes d'âge mûr dans les bras de Sylve, celle-ci ne faisant pas de musique, il décide pour l'intégrer au groupe de monter chez elle un studio d'enregistrement, MaRDyCk va alors enregistrer son premier pré-album: "Et pendant ce temps-là, les cathédrales s'écroulent (un pas de plus vers la gloire)". À ce jour, la grande distribution continue de l'ignorer royalement.
Le Toune se rachète alors une conduite et se marie (avec à la clef, après la cérémonie, un magnifique concert qui dure jusqu'au bout de la nuit -et ceci sans Tourtels-, ajoutant ainsi Toulouse à la longue liste des lieux déjà visités.)
Et puis les aléas de la vie éloignent encore plus les membres l'un de l'autre: c'est maintenant Syl qui est aléa Bruxelles où à défaut d'un travail il trouve un statut social, mais ceci ne simplifie pas les réunions de travail, le groupe ayant maintenant une envergure de plus de 200km. Qu'à cela ne tiennent, ils élargissent alors leur champ d'action et travaillent sur le Linternet[1], ce qui leur permet lorsqu'ils se retrouvent d'être encore plus créatifs, c'est ainsi qu'ils terminent le millénaire ou la pénultième année du millénaire précédent, c'est selon -Syl (partisan du "oui-on-sait-que-ce-n'est-pas-vraiment-le-millénaire- mais-laisser-nous-rêver-et-arrètez-de-nous- gacher-la-vie-merci!") et le Toune (Partisan de la rigueur-scientifique-on-veut-bien-être-des- rigolos-mais-la-science-c'est-important-monsieur) ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur ce point, mais ils ont oublié leurs différents en sacrifiant une oie- en enregistrant AbdijStraat dans le studio du même nom, inventant par là même la niououève à l'accordéon.
la fin d'une époque
Malheureusement pour les fans, l'actualité musicale du groupe se fait ensuite de plus en plus faible. La distance n'aide en rien, et si le Toune et le Syl continuent une correspondance forcenée, les réunions physiques ne sont plus si nombreuses, et deviennent bientôt trop espacées pour les nouvelles chansons : celles-ci ont des textes de plus en plus longs et ne souffrent pas de n'être chantées qu'une fois tous les trente-six du mois. Du coup les gens ne les retiennent pas, du coup on ne les chante plus, du coup l'envie d'en écrire retombe.
Mais la vie est suffisante pour remplir les journées : le Toune a des velléités de création pas tout à fait en solo, mais en tout cas hors du cadre du groupe. Sa nouvelle oeuvre s'appelle Léa et le père se porte bien, merci pour lui. Pendant ce temps, le Syl va entamer une découverte de la culture maghrébine (ce que le Toune avait fait trois ans avant, quel précurseur celui-là alors!) qui va s'étendre, parfois avec fracas, sur les deux années suivantes.
C'est justement au cours de ces deux années là que l'histoire du groupe va s'accellèrer : fidèle à lui même en ne l'étant pas, le Toune change radicalement de fréquentations intimes, ce qui va indirectement mener à de bien plus nombreuses réunions du groupe dans les mois qui vont suivre. Lors de ces plus nombreuses réunions, on remarquera que le cercle de relations de chaque MaRDyCk s'étend indépandemmment de l'autre, ce qui n'empêchera pas une tournée triomphale du groupe en Italie qui se terminera de manière épique par un concert de plusieurs heures qui en se savait pas encore d'adieu.
Mais était-ce trop demander ? Sans que personne n'en puisse rien supputer, c'est bientôt la fin de cette version de MaRDyCk. Usés par les excès, les deux membres du groupe se retrouvèrent encore une fois, mais c'était la dernière : le Toune, ayant ce qu'on nomme pudiquement des divergences artistiques, claqua la porte d'un groupe qu'il estimait artistiquement mort pour aller mener une carrière solo plus orientée vers un retour aux sources avec une musique plus proche de ses débuts. Syl pendant ce temps continua sans lui la nouvelle aventure à laquelle il avait rêvé de le faire participer : Alwijn, groupe de musique pas drôle.
Le groupe est donc pour le moment en stand-by et n'a pas de projet pour l'avenir. On notera tout de même une reformation exceptionelle (moins un membre) pour un concert unique un an après la séparation. À suivre ?
ton ami : MaRDyCk.
Notes
[1] cybermultimédia
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire