Qu'est-ce qu'un chouïa ? (Causerie de maitre Fabien)
Par Fétide, vendredi 15 octobre 2004 à 12:34 :: Clapo :: #150 :: rss
Chouïa, Chouïa... Joli mot, mais dont la signification remue en fait tout un pan de notre culture humanoïde, selon Fabien (one time guest !) :
Déjà, Chouïa est un mot qui appartient à tous ces mots qui, comme Loïc, sont hyper chiants à taper (je suis pas le seul à penser ca, non ?). Il fait ainsi parti de la classe C-3, chapitre 2 versets a à cqqa du "memorandum sur les mots, leur sens et contre-sens, et autres analogies" de la Kadémie des lettres, association loi 1901 reconnue d'intérêt Public par la Poste.
Mais chouia (excusez de l'orthographe, mais je suis du genre feignant... gnan), n'est pas un mot si simple à expliquer, pour la bonne raison qu'il est un chouïa compliqué. En effet, de par cette propriété à récurrence circulaire, on ne peut qu'en approcher le sens exact, sans jamais l'atteindre. Choux Y'a, au départ, était l'expression désignée au milieu du IXe siécle, lors de la fameuse année grasse tant évoquée par Saint Louis et qui, s'il est plus connu pour son chêne, a fait sa première renommée.
Or à cette époque, le choux n'était pas le choux tel qu'on l'entendrait de nos jours, mais bien un légume plutôt fade et de mauvais goût ; sa qualité première étant d'être nourrissant. Mais cette expression à malheureusement pollué le langage, et la recherche étymologique qui, jusque là, pouvait s'avérer facile, trouve ici sa première rélle difficulté (ficulté).
D'autant que parallèlement, les prussiens avaient une expression analogue pour se dire au revoir (Schu, ja ! qui est devenu Shuss maintenant). Ainsi, nous voilà à un nouveau et terrible dilemne (lemme):
- les guerres aidant, une curieuse alternance de conquetes et reconquetes dans l'est de la France (ou l'Ouest de la Prusse, ca dépend dans quel pays on apprend son Histoire) ont fait s'implanter une sorte de dialecte (alecte) hybride dans toute la région. Ainsi ce sont mêlés ces mots de choux et de schu et, si l'orthographe Choux est restée pour d'obscures raisons de voisinage et de ragots de villages qui ne feraient qu'obscurcir cet exposé, les deux sens se sont trouvés usités. Ainsi, comme nous utilisons aujourd'hui des mots aux sens très différents (férents) mais à l'orthographe identique (quand on dit : il faut que je peigne le mur
, y'aurait que Syl pour arriver avec un peigne !), on utilisa à l'époque choux dans ses deux sens, et ce dans toute la France (ca rime) puisqu'il a encore été par ci par là quelques années de bonne chère.
-MAIS, notre beau pays n'en voulait pas qu'aux prussiens : il y avait, non loin à l'Ouest, une île qu'il trouvait fort à son goût. Et le goût francais étant très réputé, il ne pouvait avoir tord ; il décida donc d'aller voir comment on y faisait le thé, en bateau d'aileurs passque il faudrait être con pour y aller en train par un tunnel, alors que les trains n'existent pas. Et il s'est avéré qu'ainsi, le francais est devenu la langue officille de la cour de la Terre des Angles, aux esprits si carrés. (a l'occasion, les francais ont pu voir que dans Terre des Angles, le T était fait pareil que chez eux, ca les a un peu rassuré, et ils se sont endormis sur leurs rosiers... le résultat : des épines dans le cul, mieux connu chez nous sous le nom de Waterloo,). Donc, les anglais (enfin, seulement les gentils, ceux qui étaient riches) ont adopté ce mot choux, avec tous les sens et sous-sens et compagnies drainés par des années de mélange prusso-francais et autres impuretés.
De cette époque, on doit surtout retenir que l'anglais, assez peu gâté par la nature au départ donc c'est pas de sa fot, n'a pas su saisir toute la subtilité de la belle langue qu'on lui offrait, et gratos encore. Si bien que, alors qu'il entendit pour la première fois cette formidable chanson savez planter les choux/on les plante avec le pied, il a tout confondu et c'a a donné Shou, puis shoe passque ces anglais, ils font rien comme tout le monde-mais c'est pas de leur fot je le rappelle.
Bien sûr, vous me direz : le ya, quessqu'il est devenu ?
. Mais c'est là le drame ! C'est que l'anglais, lui, il a rien vu !! Bon, c'est toujours pas de sa faute, passque patati patata (encore un expression fantastique, dont je ne connais malheureusement pas l'origine). C'est de ces tout petits riens qu'est faite la grande Histoire !
Puis, lors du retour au pays, ce mot enrichi est monté dans les bagages, compartiment dictionnaire (xionnaire), entre les feuilles. Et il y est resté.
Alors bon, je passe toutes les années qui ont suvi, et les nouveaux enrichissements comme shoobibdoowah, shoot'em up, c'est chou, chouchou, enfin tous ces mots ridicules (cule), mais une fois passées par l'angleterre de toute facon c'était foutu. Quant à chouïa, il s'est hybridé avec tout ce qu'il pouvait, et dans des situations toujours très anodines : de Tu feu tu chou ? Ja !
, classique, jusqu'à il est où chichepouille ? Ah ! il est là
que j'ai entendu samedi soir, comme quoi c'est pas n'importe quoi ce que je raconte.
Mais, le plus étonnant, c'est que dans tout ca, on a pas tellement parlé de chouïa comme d'une petite quantité. C'est ce qui fait toute la complexité de ce mot, et le fait qu'il soit aussi classé dans les annexes LCVII du memorandum sur les mots, leur sens et contre-sens, et autres analogies : dans tout ce mic-mac ethymologique, il est difficile (ficile) de dire exactement d'ou ca vient. Et on n'a pas envie de chercher !
Mais pour expliquer un peu pourquoi ca fait chier de chercher, on explique plein de trucs qui ont rien à voir, et au total, on en parle qu'un chouïa. Comme ca, tout le monde voit, mais personne n'a trop envie de comprendre...
Salut !
Commentaires
1. Le dimanche 21 novembre 2004 à 14:55, par ram
2. Le mercredi 24 novembre 2004 à 00:38, par Syl
3. Le jeudi 20 octobre 2005 à 23:28, par alain
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