j'ai dix ans
Par Amélie Cuicui, mercredi 17 novembre 2004 à 23:35 :: Éditos :: #153 :: rss
Il y a deux jours de cela, prenant mon courage à deux mains, j'ai pensé/écrit/tappé un long texte pas trop mal foutu (je peux le dire, ça m'étonnerait que quelqu'un réussisse à vérifier la véracité des faits)...
Grâce à mes talents d'informaticienne (dont nul n'a jamais douté) ce quasi chef d'oeuvre est malheureusement perdu pour la cause.
Ca parlait de l'anniversaires des Ogres qui ont dix ans ma brave dame, et oui, ça pousse vite à c't'âge là !
J'aime pas la foule: la foule est bête et moi avec, donc je l'évite, ce qui fait que je préfère assouvir mon amour des concerts dans les bars ou les petites salles, là où l'entrée est gratuite ou peu chère, où les groupes débutent et font venir tous leurs potes, où on croise des gens tellement doués que c'en est pas croyable... si en prime le demi est à un prix raisonnable, c'est le bonheur.
c'est pourquoi j'ai été toute étonnée de me retrouver samedi dernier à l'un des concerts donné par les Ogres de Barback et compagnie pour leurs dix ans... En fait, lorsque mon amoureux (merci !) m'a offert le billet, je me suis bêtement dit que ça devrait être pas mal.... pas mal, tu parles !
Pourtant, c'était mal parti, puisque la foule était exactement ce à quoi je m'attendais: dans l'ensemble, des djeunes tendance libertaire plutôt sympatoches, avec les quelques habituels bourins écraseurs d'orteils, gamines prépubères super bien foutues (ce qui n'est pas exactement mon cas) et moutons insipides levant un poing frondeur aux mots 'anarchie" et "joint" (et assimilés) juste parce que c'est cool, mais qui, un cocktail molotov sous la gorge, seraient bien en peine d'expliquer d'où vient le mouvement anarchiste, où il va, et comment diable il compte y arriver...
Mon mauvais esprit chronique s'en donnait donc à coeur joie en ce début de concert, tandis que j'essayais de voir un minimum la scène sans me prendre un coup de boule du gars devant moi qui marquait la mesure avec son bonnet.... Les Ogres jouaient, et bien sûr c'était bien, mais pas exceptionnel, et puis Pierre Perret est arrivé pour chanter l'une de ses nouvelles chansons, et surtout "Au Café du Canal" et "Lili".... "Lili", c'est la chanson que j'ai dû entendre 2 fois quand j'étais gosse, et que je n'ai jamais oubliée, "Au Café du Canal" c'est pareil, sauf que je l'ai entendue pour la première fois chantée par les Ogres il y a deux ans mais ça fait rien, elle a le même goût de quand j'étais môme.
D'autres ont débarqué sur scène, la famille des Ogres, leur vraie famille d'abord, puisque Papa, Maman et p'tit frère Ogre (tous musiciens) étaient là, et puis des groupes qui ont croisé leur route un beau jour: la Fanfare du Belgistan, Match Box et Tryo qui ont participé (avec beaucoup d'autres)à "Pitocha", le disque pour enfants inventé par les Ogres. Il y avait aussi le joyeux propriétaire d'un orgue de barbarie, K2R riddim.... Bref, des gens bien.
J'en avais presque oublié mon voisin, le roi du pogo même sur rythme lent, qui me défonçait allègrement les côtes avec son sac à dos.... Je dis bien "presque", parce que Neuneu 1er l'ignore surement, mais il ne doit sa survie qu'à la bonne fée qui a décidé d'exaucer l'un de mes rêves les plus fous: voir les VRP sur scène !
Bon, d'accord, en fait de VRP, c'était "juste" Néry.
...Mais Néry accompagné des Ogres (pour info, des gens doués qui jonglent gaiement avec un tas d'instruments) chantant "les Hurlements d'Léo" , avec une chemise funky, sa voix pas croyable, et un truc qu'il va bien me falloir décrire comme du charisme (mot que je trouve d'habitude très, très con), c'est surtout ce que j'appelle une grosse claque.
A partir de ce moment là, même la réalisation de mon pire cauchemar (en ce moment, je repasse régulièrement le bac en rêve) n'aurait pas réussi à me gacher la soirée. Je suis ressortie heureuse et optimiste, et même si les effets de cette chouette drogue se sont bien entendu estompé rapidement, je crois bien que j'ai appris un truc que je croyais déjà savoir et qui après relecture me semble très con: l'être humain peut survivre sans musique, sans art, sans littérature, sans communication et même sans rire... mais voila, la survie dans ces conditions, ça ne m'intéresse pas.
(j'avais prévenu !)
ps: rien à voir, mais la monopalme, c'est bien aussi
Commentaires
1. Le dimanche 18 décembre 2005 à 19:11, par Charlène
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